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Percent : un SDF pour dissuader

PERCENT: un SDF pour dissuader du gâchis
 
 

LYCÉE LOUIS-DE-FOIX : Francis Chopin vit la précarité à Bayonne où le badaud le connaît. Il va parler de sa réalité à des jeunes prêts à fêter les 100 jours du bac par des jets d'aliments.

 

Qui a Bayonne n'a jamais croisé « Silence », Francis Chopin pour l'état civil ? Ses messages sympas, son nez rouge, sa canne à pêche pour attraper l'attention des badauds, rue Orbe. Des élèves du lycée Louis de-Foix ont pensé à lui: avec la complicité de leur proviseur, Alain Cano, ils ont invité le sans domicile fixe à venir parler de précarité aux élèves de terminale. Cela dans le but premier de donner à réfléchir aux gaspillages du percent qui approche.
Les bacheliers de trop longue date ont peut - être oublié: 100 jours avant l'examen, les futurs impétrants sèchent les cours pour, dans un grand défouloir festif, se livrer bataille d'œufs et de farine. Certaines villes l'interdisent. Ce jeu avec de la nourriture ne manque jamais de provoquer un petit débat saisonnier. « A Louis-de-Foix, il y a 400 élèves qui lancent peut être une trentaine d'oeufs chacun. Ça fait 10 ou 12 000 œufs. Je vais simplement dire qu'ils peuvent les apporter à des associations comme la Table du soir. »

Francis Chopin, dit « Silence », avait traversé la France, en 2012, en pleine campagne électorale, pour demander audience à Nicolas Sarkozy, alors président de la République. Photo Archives J-D.Chopin

 

« Aucune démagogie »
Francis Chopin prêchera ce don lundi et mardi.« Je dois rencontrer toutes les classes de terminale. C'est la première fois que je vais faire ça. J'ai envie de leur dire qu'on peut s'épanouir et faire la fête sans détruire. » Francis Chopin ne voit -«aucune démagogie» dans la démarche. Il retient l' effort qui consiste à donner chair à une réalité qu'il fait mal de regarder dans les yeux. Pour lui, le sujet va au-delà du percent. « On parlera d'un monde où 30 % des ressources finissent à la poubelle, si ce n'est plus. Quand d' autres n'ont rien ou pas grand-chose. »
Alain Cano souligne que les élèves sont à l'initiative de l'échange à venir. Ce sont deux élèves élus au conseil de la vie lycéenne qui en ont eu l'idée. » Le chef d'établissement l' a saisie. Elle colle au souci du lycée « de mettre de la solidarité et de la conscience dans tout ce qui est festif. »

« Un monde à créer »
Le proviseur voit dans le 6 mars et son exubérance un champ d'application tout désigné. « Plus que jamais,· dans un contexte de crise actuel, nos élèves doivent prendre conscience du monde solidaire qu'ils ont à créer. »
La médiation d'un sans domicile pour dissuader d'un percent sur fond de comestibles répandus ne relève-t-elle pas d'une volonté d'imposer des normes en tout?  De corseter l'aspiration naturelle et salvatrice de l'adolescence à transgresser ? Et ce faisant, ne passe-t-on pas à côté de l'essentiel : la réalité de milliers de personnes, comme « Silence », confrontées à une grande précarité? Alain Cano pose que l'« on peut transgresser sans spolier. » « On peut le faire sans être abjectement individualiste. Pourquoi pas un percent avec d'autres matières, un percent de la couleur par exemple ? »
Le proviseur sait la nécessité qu'il y a à s'affranchir des cadres, et c'est maintenant lui qui pose une question : « Dans une société fondée sur les inégalités et l'injustice sociale, est ce que ce n'est pas transgresser que d' adopter une attitude qui va à l' encontre de cet ordre des choses ?Alain Cano parle d'une « micro-action ». « On ne prétend évidemment pas bouleverser le monde . »

« Ne pas accepter»
Mais sa conviction est arrêtée, qui fonde tout logique éducative : les changements de fond se travaillent à l'échelle du soi, du voisin, du camarade de classe. «La problématique est plus vaste. Il est question de l'importance de regarder l'autre. De ne pas accepter comme naturelle la présence de gens à la rue.»
Difficile de prédire à quoi ressemblera le percent devant les grilles de Louis-de-Foix. L'édition 2014 aura au moins permis la rencontre entre les futurs bacheliers et Francis Chopin. La valeur du rendez-vous ne se mesurera pas à la quantité de farine répandue trois semaines plus tard.

 
   
     
     
     
 

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